Journey : La Colère des Démons, dispo fin avril !

Imposante boite que celle de Journey : La Colère des Démons ! Et pour cause, ce jeu propose à la fois figurines et éléments de jeu variés pour une aventure dans un univers médiéval fantastique rare : la mythologie chinoise… partez en chasse de démons et sauvez le Monde !

Présentation de Journey : La Colère des Démons

A l’origine, ce jeu fut proposé par le studio d’Hong-Kong, Marrow Production via campagne Kickstarter en 2013 et rassembla la coquette somme de 425000 dollars auprès de 1800 contributeurs.

Un joli succès qui nous est donc proposé par Edge dès la fin du mois d’avril pour ceux qui n’auraient pas pu participer à la campagne.

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Dans Journey, les joueurs incarnent des pèlegrins parcourant la Chine ancienne à la recherche des Sutras, des écrits sacrés permettant de renvoyer dans leur monde la horde de démons de notre planète. Un jeu coopératif de 1 à 4 joueurs pour des parties d’environ 30 minutes à 2h, 10 quêtes sont disponibles, libre à vous de choisir la façon dont vous voudrez les compléter. Plutôt avec un maximum de combat ou en purifiant les âmes des démons ? Ces décisions auront un impact sur les compétences et équipements de vos personnages.

De la qualité du matériel

Nous sommes ici sur un matériel de très haute qualité, avec pas moins de 21 figurines très détaillées. Elles sont assez proches de Rising Sun, Blood Rage, Massive Darkness ou Zombicide, similaires donc aux stardards des productions Edge.

Les éléments de jeu, tuiles lourdes, cartes et jetons très qualitatifs en disent long sur la durée de vie du jeu. Sans parler de la qualité graphique apportée par les illustrateurs Adrian SmithAntonio José Manzanedo et Henning Ludvigsen : un travail soigné qui vient nous porter dès la couverture de la boite.

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Un mot sur les auteurs de Journey

Hon Ho et Ray Wong sont deux passionnés de jeux de figurines depuis leur plus jeune âge, et Ray a notamment travaillé en tant que sculpteur freelance pour des très grandes marques : Nintendo, Coca-Cola, Toei, Capcom…

Ils ont monté Marrow Production à deux, et ont mis tout leur coeur dans ce jeu pour qu’il soit le plus parfait possible. A ce propos, les auteurs le disaient eux-mêmes lors de la campagne kickstarter : « On préfère choisir un peu de délai dans la livraison plutôt que compromettre la qualité du jeu ».

Au moins, c’est clair.

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Les quatre Pèlerins et leurs adversaires

Réincarnation de la déesse Cigale, Tripitaka est un disciple de Bouddha, seul capable d’activer les Sutras Sacrés, sa protection par les autres membres du groupe est capitale.

Monk Sha, guerrier maudit par le Démon Ugragosa et disciple de Tripitaka, cherche à trouver le salut, devant cette malédiction qui le transforme peu à peu en monstre…

Le Roi Singe, a perdu tout son peuple car emprisonné sous la montagne. Tripitaka le libéra et le Roi Singe, plus fort que jamais, rejoignit sa cause.

Cho Hakkai, à l’apparence porcine est en réalité un Général Céleste, transformé pour punir ses penchants pour les plaisirs terrestres et son profond désir envers la Déesse de la Lune, Chang’E. Mais celle-ci fut capturée par les Démons, et c’est ainsi que Cho Hakkai devint le 4e acolyte du groupe de Tripitaka.

Face à eux, des démons taureaux (soldats, archers, berserkers, généraux…) et le Roi Démon Taureau en personne Koorogg et son fils, Kogaiji, surnommé « L’avorton rouge ». Leur but est  d’étendre leur emprise sur notre monde et d’asservir les êtres vivants, humains en particulier.

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Systèmes de jeu peu communs, voire novateurs

Après une mise en place différente pour chaque scénario, un prologue plonge dans l’ambiance et explique l’objectif aux joueurs. Le plateau, composé de tuiles, avec placement des figurines visibles, décrit une scène de l’aventure de Tripitaka, le héros.

 

Le bon Karma et le mauvais Karma

Dans Journey, les personnages que vous incarnez auront le choix de purifier les âmes des démons tués au combat. Cette opportunité permet de cumuler du bon Karma, et d’améliorer leurs compétences… ou vous vous laissez envahir par la barbarie et cumulerez du mauvais karma, permettant d’améliorer vos armes… mais vous octroyant des cartes corruption ! C’est un dispositif très novateur, un peu différent des classiques points d’expérience cumulés pour améliorer le personnage. Un choix tactique s’impose alors, nécessitant de planifier la progression du personnage sur le long terme, avec un handicap possible.

Un autre aspect tactique du jeu est la singulière priorité que font les démons d’éliminer Tripitaka. Forcément, lui seul peut ranimer un autre pèlerin, sceller un portail démoniaque et activer les sutras… cela en fait donc une cible prioritaire pour l’ennemi. Et l’IA est tournée en permanence sur cette voie, vous n’y échapperez pas ! A vous d’organiser déplacements, actions et choix tactique pendant chaque quête pour le protéger. Une bonne idée des auteurs.

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Cartes Fortune et Infortune

Parmi ses actions, en plus du déplacement, de l’attaque, défoncer une porte ou sauver des villageois, chaque pèlerin peut prier ou méditer. Cette opération permet d’obtenir des cartes fortune, utiles pour la suite de l’aventure.

A noter que les pèlerins peuvent également ramasser un Sutra, récupérer (pour restaurer ses points de vie au maximum), se reposer (et obtenir le maximum de points de Chi) ou enfin améliorer une compétence. Comme évoqué plus haut, Tripitaka est le seul à posséder les compétences Ranimer et Sceller un portail.

Le jeu alterne donc entre la phase des pèlerins et la phase des démons, gérée par une IA plutôt bien fichue… et énervée.

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L’IA des démons de Journey : cruelle à souhait

Chaque portail fera apparaitre des démons sur le plateau, fermer ou sceller un portail pourra donc s’avérer une priorité si vous commencez à être submergés… A noter que le manque de figurines au moment de l’apparition de démons lancera automatiquement la Rage Démonique. Chaque démon devenant plus fort et plus rapide (3 actions pour ce tour au lieu de 2).

Ils peuvent se déplacer, en priorité vers le héros donc, et attaquer (oui, le héros, comment avez-vous deviné ?).

 

Du coup, les joueurs doivent faire attention à leur placement, pour économiser leurs mouvements, en fonction du plateau et de l’apparition des démons. S’il est possible d’anticiper le déplacement des troupes ennemies, il ne sera hélas pas possible de prédire le résultat des dés de combat.

Heureusement, vous avez aussi à disposition des cartes bonus à activer à certains moments de la partie. Les cartes armes permettront d’ajouter des dés lors des combats.

Les ennemis arrivent des portails avec des cartes renforts plus ou moins puissantes et utilisent une séquence d’options qui vont toujours dans le sens de la menace de Tripitaka, et au pire donc, de ses acolytes. Une traque incessante, qui pèse lourd sur les épaules de celui qui l’incarne.

A noter : l’auteur nous indique carrément qu’en cas de doute ou de litige, pour le bien du déroulement du jeu, il faudra prendre la situation « la pire » pour les pèlerins. Bienvenue en enfer !

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Un contenu scénarisé, comme dans une série !

Vous allez donc partir en chasse du Roi Démon-Taureau. Une quête épique vous attend à travers les 10 scénarios proposés.

A l’instar de la plupart des jeux à scénario, la mise en place y est indiquée directement, ainsi que les conditions de victoire.

Sans trop vous spoiler la campagne, sachez que certains objectifs vous demanderont de fermer des portes, combattre l’ensemble des démons du plateau ou de tuer le Roi Démon Taureau. Et pour rendre la continuité de quêtes logiques, vous l’affronterez donc à plusieurs reprises, celui-ci s’échappant au moment du coup de grâce.

On apprécie cette théâtralité, qu’on retrouve dans la plupart des animés et mangas.

Des quêtes secondaires seront également disponibles pour obtenir des récompenses, mais attention à la prise de décision, car perdre trop de temps à les accomplir peut vous faire échouer dans votre objectif principal, au point de tout rater !

A noter enfin que les auteurs ont prévu la possibilité de créer nos propres quêtes ! Un forum recense ainsi toutes les quêtes proposées par les joueurs. Un gros effort communautaire autour du jeu fort appréciable. C’est assez rare pour être mentionné.

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Notre conclusion

Journey est un excellent jeu de figurines coopératif, pour changer de Zombicide ou autres. L’univers sous-représenté de la mythologie chinoise mérite qu’on s’y attarde, et les différents scénarios s’enchainent très bien.

Et puis, la possibilité de créer ses propres quêtes ou d’en récupérer de nouvelles sur le web, fait de Journey : La Colère des Démons un jeu à la durée de vie plutôt bonne, améliorant ainsi son rapport qualité/prix.

De nombreux exemples et conseils de jeu sont présents dans les règles pour aider le joueur dans sa lecture, on apprécie.

Clairement orienté pour les experts et les amateurs de jeux de figurines (les premiers scénarios sont d’ailleurs parfaits pour l’initiation), si c’est votre cas, vous pouvez tenter l’aventure Journey !